Mais à quoi sert l’enseignement catholique ?

Les différentes « propositions » que souhaite imposer le gouvernement actuel sont justifiées à travers des rapports ou des annonces médiatiques échelonnés dans un objectif général de casse de toute l’Éducation Nationale sous prétexte d ‘une austérité soi-disant nécessaire!

L’enseignement privé est pilote de toutes ces réorientations libérales : à travers les déréglementations horaires que nous ne cessons de dénoncer, le privé expérimente l’augmentation du temps de travail des enseignants et le développement de la précarité.

Un nombre de plus en plus grand d’enseignants délégués rectoraux est déjà noté seulement par la note administrative par le seul chef d’établissement, ceci est maintenant plus qu’envisagé pour les titulaires.

En dénonçant la convention collective des PSAEE, la FNOGEC veut augmenter le temps de travail des personnels d’éducation, viennent s’ajouter à cela des créations de classes hors contrat dans des établissements sous contrat.

Voilà quelques illustrations des domaines innovants du privé, la marchandisation de toute l’éducation et la précarisation des professionnels se concrétise jours après jours.

A l’occasion du bilan du mouvement de l’emploi nous avons fait ressortir de nombreuses difficultés qui sont apparues au cours de l’année passée : les mutations ou résolutions de « sinistres » se sont faites avec une détérioration toujours plus grande des conditions pour les enseignants ; et cela d’autant plus que certains chefs d’établissements se croient tout permis en ce qui concerne les déclarations de service ou les appréciations portées sur des documents administratifs… Temps que personne ne dit rien, tant que le rectorat ne donnent que des rappels à l’ordre informels…

Le peu de candidatures aux concours spécifiques à l’enseignement privé n’a rien de surprenant : sans parler du salaire net et des retraites inférieurs à ceux des collègues du public. Les heures « bénévoles » imposées dans plusieurs établissements ne peuvent inciter de jeunes collègues à venir dans le prisé, d’autant plus qu’ils débutent pratiquement sans aucun moyen de formation.

Comble : des chefs d’établissements refusent même des lauréats de concours au motif indéfinissable et scandaleux du « non respect du caractère propre de l’enseignement catholique ». Cette sentence prononcée est pourtant le reflet d’un critère de discrimination sans base juridique, ce n’est qu’une tentative d’intimidation… Il vaut mieux avoir des précaires à qui on peut proposer des « ménages ».

« Aucun établissement de l’enseignement privé n’est autorisé à aménager les horaires » : ces propos de la rectrice à l’occasion de l’audience au rectorat le 27 septembre ne peuvent qu’inciter chaque enseignant à dire « non » à ces chefs d’établissement qui dérogent en toute tranquillité si on les laisse faire. Des horaires normaux ont été remis en place à Bressuire, et dans plusieurs établissements. Face aux aménagements horaires non réglementaires des enseignants ne récupèrent pas les reliquats horaires non portés sur leur fiche de service…

La situation actuelle à Isaac de l’Étoile à Poitiers débouche sur 5 licenciements malgré une lutte intersyndicale CGT-CFDT-CFTC : Des « apparentes erreurs de gestions » ont débouché sur un déficit monumental dont pour l’instant 5 salariés font les frais… Rassurez vous ces licenciements ne visent aucunement des responsables, ni des personnels dont les salaires pèsent fortement dans la balance. Non ce ne sont que des lampistes, désignés de façon arbitraire qui sont une caution morale pour partenaires financiers… une sorte d’appel de fonds : »Vous voyez, on fait des efforts, on licencie! »

Les propositions actuelles des structures de l’enseignement catholique ont de quoi inquiéter ; il faudra d’autres actions fortes à l’image de celle du 27 septembre pour qu’une autre perspective émerge.

En attendant, refusons ces dérives libérales, défendons partout les métiers de l’enseignement et faisons des propositions fortes de transformation avec les organisations du public dont la CGT qui vient de progresser aux dernières élections.

Nous rappelons que jusqu’ici chaque refus d’application de ces dérives par les collègues a été suivi d’effets.

Ne lâchons rien, notre avenir nous appartient !